Terrorisme international et peur individuelle
Histoire / Géo par lolz, le lundi 10 octobre 2005 - #117 - rss
Comment chacun d'entre nous devient une victime des peurs liées au terrorisme.
Le 11 septembre 2001, alors que je m'énerve sur mon clavier au travail, j'apprends qu'il se passe quelque chose de bizarre à New-York. Suffisemment grave pour que wall street[1] n'ouvre pas. La fin d'après-midi, je l'ai passée comme probablement la majeure partie d'entre vous: devant un téléviseur avec les collègues. Alors que l'on voit les premières images prises au sol, dans les rues du quartier des tours: je ne vois qu'un visage, celui d'un vieil ami installé depuis quelques années à New-York. Une fois rentré chez moi le soir, je cherche et trouve son adresse email et lui mets un court message. Un peu plus d'une semaine plus tard, je reçois sa réponse: il n'était pas très loin du carnage et la semaine a été, semble-t-il, des plus inhabituelles.
11 mars 2004, c'est les gares de Madrid. De nouveau, au bout de quelques minutes, un visage me revient: une amie de la période Bikini Test est installée à Madrid depuis des années. Au bout de quelques jour, via un ami installé ailleurs, la bonne nouvelle est là. Ouf.
Le 7 juillet 2005, c'est Londres. Et là aussi, un ami de longue date, expatrié, avec qui nous avions passé du temps à Londres en janvier. Je lui envoie un sms et pas de nouvelles pendant 3 jours. Là, j'apprends qu'ils sont, lui et sa compagne, sains et saufs, via un ami commun.
L'ami qui m'a donné la bonne nouvelle après Madrid est installé en égypte; c'est lui qui m'a fait mon baptème de plongée sous-marine quand nous y sommes allé en mai. Le 23 juillet 2005, c'est les attentats de Sharm el-Sheikh, à une heure de route de Dahab où habitent cet ami et sa compagne. Ils vont parfois à Sharm, mais ce serait vraiment la guigne si... Non, tout va bien. Une fois encore, c'est l'email qui rassure au bout de quelques heures.
Enfin, l'ami qui me donne des nouvelles de Londres en juillet: il est en vacances en indonésie le 1er octobre 2005: encore des attentats. Lorsque je lui mets un sms lui demandant s'il est à Bali, il me répond assez vite par l'affirmative, me demandant ce qui motive une telle demande.
Sommes-nous trop informés? Certainement pas! Informés trop vite? Cela ne veut rien dire.
Alors, suis-je particulièrement angoissé? Non. Statistiquement, ces personnes avaient très peu de probabilités d'être victimes. Mais, à chaque fois, je ne suis pas le seul à demander de leurs nouvelles. Et, en chacun de ces endroits, ils ne sont pas seuls: des milliers de gens doivent, comme moi, se faire une frayeur à chaque fois. Vers quoi cela nous amène-t-il?
À l'époque où les voyages n'ont jamais été aussi sûrs[2], de nouvelles peurs liées à la géographie font leur apparition. La peur de l'autre se mélange avec la peur d'aller ailleurs; le tout donnera des arguments à ceux, ici comme ailleurs, qui veulent que chacun reste sagement chez soi. Pouah!
lolz, lundi 10 octobre 2005, 03:16
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