C'est avec stupeur et dégoût que j'apprends vos ennuis actuels. Déjà que vous voilà presque à la retraite, à à peine 34 ans, avec, comme seul pactole, juste assez d'argent pour vivre chichement plusieurs millénaires. Déjà qu'un vilain camarade a dit du mal de votre famille, probablement même sans la connaître, et ce devant tout le monde[1]. Déjà qu'un arbitre aveugle a vu en vous un coupable quelques minutes avant la fin de votre stage en CDD. Voilà qu'en plus la presse internationale ne goûte que modérément vos explications sur cet incident de pelouse.
Je me mets d'autant plus à votre place, cher Zinédine, qu'il m'est arrivé à peu près la même chose: voilà quelques années un gérant de magasin me licenciait parce que j'avais parlé un peu sèchement à l'un de ses clients qui avait émis une opinion défavorable au sujet de l'un des produits vendus[2]. Je me retrouvai donc sans le sous et sans travail. Mais, et c'est là mon énorme coup de chance, dû à la bonne étoile que, manifestement et je le déplore, vous n'avez pas: la presse internationale en a alors peu parlé.
Quelle chance j'ai.