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Sur le balcon, les agents Marcao & Borsky regardent les gyrophares de l'ambulance déchirer la nuit et s'arrêter au bas de l'immeuble sans un bruit. Borsky essaie de cracher sur le toit du véhicule ; raté. C'est le moment de retourner une dernière fois au chevet de madame Desmond, dans un air à peine plus respirable du fait de l'ouverture de la fenêtre.
Le gars de la police scientifique tire quelques photos puis s'agenouille pour prêter attention aux yeux de la victime, ainsi qu'à ses ecchymoses. À Marcao qui lui demande comment la pauvre a bien pu en arriver là, il ne répond que d'un long « Putain... » Quelques prélèvements plus tard, il est quasi huit heures quand il laisse enfin les gens de la morgue embarquer Madame Desmond. Borsky détourne machinalement la tête pendant que Marcao mime un toréador agitant ses mains au-dessus de la macabre civière.
Après avoir proposé une aide psychologique à la concierge, aide qu'elle accepte sans manifestement comprendre de quoi il s'agit, Borsky et Marcao repartent poursuivre leur ronde. Ils passent d'abord à l'épicerie au coin de la rue pour prendre un soda. Las, on les appelle avant qu'ils ne soient passés à la caisse : on vient de trouver de l'argent chez madame Desmond. Beaucoup. Marcao propose malicieusement qu'ils prennent une bouteille que remboursera l'argent de madame Desmond. Borsky sourit pour la première fois de la journée. C'est à peine huit heures, le moment pour un peu de fraîcheur. Ils paient leurs canettes et remontent à l'appartement.
Dans l'appartement, c'est derrière le frigo qu'un des nettoyeurs a remarqué une double paroi d'un mètre de long sur vingt centimètres de profondeur. Il y a là des centaines de billets de 100, mêlés à des gravats. Des billets sales et anciens, probablement là depuis des années. Une partie a dû être victimes de termites, mais la composition du papier ne semble pas leur avoir plu. Marcao fait de la place au milieu des pourritures qui jonchent encore le sol pour y compter les billets. Borsky met ses gants et commence à sortir les liasses en les comptant. Marcao les recompte et les range dans des sachets plastiques.
Un-million-cinq-cent-soixante-mille. Il va falloir demander une grande escorte pour apporter tout ça au commissariat central. Marcao demande aux derniers nettoyeurs de partir et de revenir l'après-midi. Borsky le regarde faire, la main sur son arme. Jamais encore ils n'avaient eu à garder un tel pactole. Marcao fait le calcul: ça fait 130'000 bouteilles telles que celle vue tout à l'heure.
Neuf heures et quart, encore quinze bonnes minutes avant que n'arrive le fourgon. Ça pue toujours autant, Borsky et Marcao prennent le magot et se remettent sur le balcon sans un mot.
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