L'heure juste sonne à l'horloge de la cuisine lorsque deux policiers et la concierge entrent en force dans un appartement. Dans le couloir, un petit chat est couché, le pelage tremblant. L'agent Borsky s'en approche pour le caresser, mais le petit chat est mort. Ce tremblement, il s'en rend compte en voulant prendre le petit animal dans sa main, ce sont des centaines d'asticots qui le produisent en dévorant la petite bête de l'intérieur. Borsky se relève en se tapant les mains l'une contre l'autre dans un long soupir. Derrière, la concierge tourne de l'oeil : « 'Oh le pe.. Le pe...» '. Borsky lui fait signe de fermer la porte, ce qu'elle fait non sans être entrée.

Lorsque sa radio crache un message incompréhensible, Borsky répond machinalement « Non, non » avant de remettre le boîtier bruyant à sa ceinture. Avançant dans l'appartement derrière son collègue, l'agent Borsky jette un oeil à la concierge qui a fait quelques pas à l'intérieur de l'appartement. Elle se bouche le nez. C'est vrai que ça ne sent pas la rose ; on dirait une semaine de poubelles d'un restaurant « fast food » qui auraient mûri au soleil. Poussant une porte, l'agent y entrevoit un cabinet de toilette duquel sort de l'air frais. Au fond, la fenêtre est cassée et les bris de verre sont mélangés à un peu de sang que quelques petits oiseaux picorent. Peut-être est-ce même le leur, pense Borsky.

Sur le mur, des photos jaunies sous des verres crasseux entre lesquelles une famille de blattes s'en allait faire son marché, à moins qu'elle n'en revienne. Sur le palier d'une pièce, l'agent Marcao lance un jovial « Bonjour, madame Desmond ! » Quand Borsky s'approche, il voit un cadavre en état de putréfaction jonché sur le sol. La concierge avait pris les salutations pour argent comptant, la voilà qui vomit à l'entrée du salon. Borsky prend sa radio et demande une unité spécialisée. Marcao lui demande ensuite de venir dans la cuisine. Le frigo entre ouvert y fait office de nurserie pour les mouches alors que sur la table des centaines d'enveloppes souillées par les oiseaux et les chats montrent que la locataire ne devait plus lire son courrier depuis longtemps.

En attendant l'équipe médicale, les deux agents se mettent sur le balcon, seul endroit à l'air respirable. Marcao allume une cigarette que Borsky jette immédiatement par-dessus la barrière. La concierge semble aller un peu mieux, ils l'entendent quitter précipitamment l'appartement. Il est sept heures et demie du matin, la journée ne fait que commencer.

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